Être spirituel
Jean n’est pas un théologien. Il suit son appel. «C'est cela, pour moi, suivre Jésus, aller Le rejoindre là où il est, caché dans le faible et le pauvre.»* Sa spiritualité est ancrée dans la vie partagée avec l’autre. Dans la préface d’un de ses livres, Monseigneur Daucourt, aujourd’hui Évêque de Nanterre, écrit : « Jean Vanier nous livre ici son expérience de vie avec Jésus. Par son Esprit, dans l'accueil de la Parole de Dieu et l'accueil des petits et des faibles, Jésus s'est fait connaître et se fait connaître chaque jour à lui. »**
Cela implique d’aller à la rencontre d’autrui, de vivre sa foi au quotidien, là où on est bousculé et mis en question. Cela implique aussi de l’ouverture et beaucoup d’humilité. En 1999, Jean écrit, « Je sais que Dieu a choisi le pauvre et le faible pour confondre le riche et le fort. Je sais qu’il m’aime tel que je suis, avec mes handicaps. Est-ce prier ? » Et il enchaîne, «Aujourd’hui, après trente-deux ans à L’Arche, je ne sais pas si je sais prier. La prière n’est plus pour moi une chose à faire, plus ou moins bien. C’est devenu autre chose : une amitié, un amour. Et comment évaluer une amitié ? (…) Avec les années, ma prière s’est simplifiée. Je ne cherche pas une expérience de Dieu, ni même une expérience de paix. Que Jésus me donne ou non sa présence, c’est son affaire. Je suis là pour lui. (…).»***
* Jean VANIER, Une porte d’espérance, Les Editions de l’Atelier/Les Editions Ouvrières, 1993, p.26
** Gérard DAUCOURT dans Jean VANIER, Jésus, le don de l’amour, Editions Fleurus/Bellarmin, 1994, p.5
*** Jean VANIER, Prier c\'est accueillir l\'instant présent, Panorama, Septembre 1999, p.6