
L’expérience originale de Jean Vanier auprès de personnes ayant un handicap mental l’a conduit à cette vision paradoxale de la personne humaine et de sa dignité : l’être le plus fragile nous ouvre à accepter notre propre fragilité et cette acceptation de nos faiblesses nous conduit au dialogue, à l’ouverture à l’autre et à la paix. Mais l’exigence d’une société où l’on doit être parfait, sans failles ni problèmes, et qui bannit le droit à l’erreur, nous met dans une tension permanente avec nous‐mêmes et les autres.
Jean Vanier n'a pas cherché l'originalité pourtant il a fait preuve de la plus grande originalité en donnant par sa vie et par son œuvre un sens à la souffrance des enfants et des personnes avec une déficience.
Jean Vanier est un théologien,
mais un théologien atypique.
Lorsque l’on parcourt sa vie
et son œuvre,on trouve peu
de ces allusions savantes
ou cet étalage de connaissances
de la philosophie académique,
pas plus que les débats actuels
sur l’épistémologie
et l’ontologie de Dieu,
ou encore une discussion
au sujet des Pères de l’Église.
La contribution importante de Jean Vanier à la réflexion sur le sens de l'être humain est la résultante d'une foi profonde et non dogmatique et de sa formation de philosophe. Elle trouve cependant son inspiration première dans les amitiés fidèles que Jean Vanier a cultivées avec plusieurs personnes touchées par une déficience intellectuelle.
Le fondateur de L'Arche est un homme de lettres aux deux sens du mot, tant écrivain qu'épistolier. Homme d'action et contemplatif, il exprime dans ses lettres cette double vocation. On y retrouve un lien, une relation rare entre sa vie intérieure et la vie extérieure, comme chez tous les grands fondateurs de l'histoire.